Tu gères déjà tellement de choses… ton équipe, ta hiérarchie, tes clients, tes résultats… sans même parler de ta vie personnelle !
Je suis prête à parier que si, en entretien annuel, ton ou ta chef.fe te demande en plus de mieux “gérer tes émotions”, tu vas bouillir de l’intérieur : trop, c’est trop.
Et d’ailleurs, qu’est-ce que ça veut dire “gérer ses émotions” ? Comment s’y prendre ?
Je t’explique dans cet article ce que tu peux faire si on te reproche souvent d’être “trop émotionnel.le” (manière polie de dire que tu te mets en colère trop facilement), en 3 étapes :
- Identifier ton émotion
- En reprendre la responsabilité
- Ecouter ce qu’elle dit de toi
Et tout de suite après je te propose un exercice guidé pour mieux comprendre ta colère.
1/ Identifie ton émotion
Tu as le droit de ressentir des émotions au travail. Après tout tu es un être humain (je ne conseille pas encore les IA).
Toutes les émotions sont légitimes, le fait de qualifier certaines de “positives” ou “négatives” ne t’aidera en rien. Essaye plutôt de voir l’effet qu’elles ont sur toi : agréable ou désagréable ? intense ou léger ? quels ressentis corporels ?
Ensuite, tu pourras mettre un nom dessus. La langue française est très riche en ce qui concerne les sentiments, aussi je ne te donnerai que quelques exemples pour les grandes catégories d’émotions que tu peux ressentir au travail :
La joie : enchanté.e, motivé.e, plein.e d’entrain, satisfait.e …
La confiance : serein.e, apaisé.e, soulagé.e …
La colère : énervé.e, contrarié.e, agacé.e, furieux.se …
La peur : inquiet.e, stressé.e, méfiant.e, angoissé.e …
La confusion : frustré.e, incompris.e, perdu.e, sceptique …
La tristesse : déçu.e, blessé.e, seul.e, désespéré.e …
La surprise : choqué.e, étonné.e …
La honte : coupable, embarassé.e, humilié.e, méprisé.e …
2/ Reprends la responsabilité de ton ressenti
Lorsque tu vis une émotion forte et désagréable, tu l’attribues à quelqu’un d’autre : “ils” ne respectent jamais les deadlines, “ta cheffe” veut toujours te micro-manager, “Paul” cherche à te mettre des bâtons dans les roues pour briller à ta place, etc. etc.
Sur le moment, ça soulage (un peu) d’accuser ainsi les autres. Si c’est leur faute, alors ce n’est pas de la tienne (coucou l’ego qui cherche à se rassurer). Mais ce mode de pensée n’aide pas à construire des relations apaisées et épanouissantes…
Pour fonctionner différemment, je t’invite à quitter la notion de “faute” pour celle de responsabilité car ce sont TES pensées qui créent chez toi des émotions, et non le comportement des autres.
Un exemple pour mieux comprendre : Ce n’est pas parce que PAUL ne m’a pas mis en copie d’un mail que je suis en colère, mais parce que JE ME DIS QUE si Paul a fait cela – et volontairement – c’est qu’il souhaite prendre mon poste, et donc je me sens menacé.
Tu peux remarquer que la colère dissimulait une autre émotion, qui vient d’apparaître : l’as-tu reconnue ?
3/ Ecoute tes émotions
“Gérer ses émotions” ne signifie pas les mettre sous le tapis et faire semblant de rien. Au contraire, réfléchis à ce qu’elles disent de toi en termes de valeurs, d’aspirations, d’élans de vie.
Si je reprends l’exemple du manager qui se sent menacé par le comportement de Paul, il a peut-être besoin de créer de la confiance avec son équipe, et/ou de se sentir plus serein et légitime dans son poste.
Bingo ! Une fois qu’il a compris cela, une multitude d’options s’ouvrent à lui (nous reviendrons dans un prochain mail sur ces sujets, en attendant je t’invite à y réfléchir par toi-même : que ferais-tu si tu avais besoin de créer de la confiance avec ton équipe ? et si tu avais besoin de te sentir plus légitime ? ). Quoi qu’il en soit, toutes les alternatives seront plus constructives que le réflexe initial d’envoyer un mail sec à Paul du type “Je te rappelle que tu dois me mettre en copie de tous tes échanges avec la hiérarchie“.
Tu vas maintenant pouvoir travailler sur une situation qui te concerne.
Mise en application : la colère
- Choisis un événement qui t’a récemment mis.e en colère au travail ;
- Ferme les yeux, prends le temps de ressentir, de te rappeler les pensées qui ont créé cet état émotionnel ;
- Essaye maintenant de revenir aux faits, de la manière la plus neutre et la plus simple possible : que s’est-il objectivement passé ?
- Comment te sens-tu maintenant ? il est probable qu’une nouvelle émotion, ou une variante de la première, fasse son apparition ;
- Qu’est-ce qui est si important pour toi dans cette situation ?
- Définis un premier pas pour aller dans le sens de ton aspiration.


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